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Ceci est une traduction du texte original Practicing Accountability at PaF qui complète le texte d'introduction du Performing Art Forum.

Le PAF aspire à être un espace où l'analyse intersectionnelle, antiraciste et féministe informe la pratique. Le PAF ne tolère aucune forme de sexisme, de racisme, de classisme, de LGBTQI+phobie, de capacitisme, d'âgisme ou toute autre forme de discrimination. Si vous êtes victime d'une agression, de harcèlement ou d'un préjudice pendant votre séjour au PAF, sachez que le PAF vous écoutera et vous offrira son soutien. Vous trouverez ci-dessous des lignes directrices sur ce qu'il est possible de faire et/ou à qui s'adresser.

Le PAF invoque une pratique de responsabilité ; une responsabilité partagée avec celui ou celle qui façonne temporairement la résidence. Le PAF n'applique pas de procédures de sélection et ses portes sont littéralement ouvertes : toute personne qui se trouve dans l'espace à un moment donné est donc responsable du bien-être de tous les autres. La responsabilité est une façon de s'adresser les uns aux autres en tant que responsables de nos actes et d'encourager l'ouverture d'esprit en vue de modifier éventuellement notre comportement. Cela demande du temps et de la patience.

Pour en faire une pratique, une 4ème règle a été introduite au PAF afin d'améliorer le fonctionnement des 3 règles déjà existantes :

Asymétries mentales

Le PAF est fait d'asymétries. Les gens viennent d'endroits différents, habitent des corps différents, ont des expériences différentes, sont situés différemment dans les structures de pouvoir et ont des frontières différentes. Tenez-en compte, remettez en question votre propre position et laissez-vous remettre en question, tout en respectant les limites des autres.

Tout le monde, dans une certaine mesure, participe à de multiples systèmes d'inégalité en occupant des positions, des rôles et des récits différents. Le PAF se veut être un espace où l'on peut aborder activement ces notions autours des quelles l'apprentissage et le changement peuvent se produire.

Les angles morts et les préjugés sont réels. Le fait que l'on ne les voit pas ne signifie pas qu'ils n'affectent pas ou ne nuisent pas aux autres. Quiconque est responsable de son manque de conscience autant que de ses actes conscients, et il incombe donc à quiconque de s'éduquer, surtout lorsque son inconscience devient perceptible.

En favorisant une culture de sensibilisation, d'écoute et de prise de parole, on espère détruire les bases sur lesquelles la violence, les abus ou le mal peuvent se produire. Cela signifie que l'écoute, le soutien et la prise en compte des autres avec compassion sont préférables à l'évitement des personnes sans offrir de possibilités d'apprentissage et de changement.

Ceci étant dit, si vous vous livrez à une forme quelconque d'agression ou de harcèlement sexuel, d'abus de pouvoir ou d'actes discriminatoires, sachez qu'on peut vous demander de partir.

RECOMMANDATIONS

1. SI VOUS RENCONTREZ UN COMPORTEMENT INCONVENANT

Si vous êtes victime de discrimination, de harcèlement, de harcèlement sexuel, de traitement offensant ou abusif, veuillez contacter un volontaire du PAF chargé de cette responsabilité. Les noms et les coordonnées des volontaires sont publiés sur le tableau d'entrée. Lors de réunions plus importantes, ces noms seront également annoncés lors de dîners et de discours de bienvenue.

Avec un volontaire responsable (ou seul, si vous pensez en avoir la capacité et que vous vous sentez en sécurité), vous pouvez faire les choses suivantes :

  • vous adresser directement à la personne qui a commis l'agression. Vous pouvez informer cette personne que son comportement est désagréable ou non désiré. La seule intervention nécessaire peut consister à prendre contact avec une personne pour lui faire savoir qu'elle a dépassé vos limites, à entamer un dialogue sur les raisons de son comportement et à lui rappeler de faire attention à son comportement.
  • envoyer un courriel, si vous ne voulez pas confronter la personne directement mais que vous voulez quand même régler la situation vous-même. Veillez à conserver une copie de vos échanges.
  • demander au volontaire responsable de régler la situation pour vous ou avec vous. Si vous ne voulez pas confronter la personne directement, vous pouvez demander à l'un des bénévoles (ou à une autre personne de confiance que vous avez choisie) de servir de médiateur pour une conversation avec la personne, ou d'intervenir en votre nom.

2. SI VOUS ÊTES TÉMOINS D'UN COMPORTEMENT NUISIBLE

Si vous êtes témoin de violences physiques, sexuelles ou psychologiques, s'il vous plaît, intervenez !

Si l'agression ou le harcèlement est plus dissimulé ou si vous n'êtes pas sûr de la situation, trouvez un moyen délicat et discret de vérifier avec la personne que vous percevez comme étant lésée si elle est d'accord avec la situation ou si elle a besoin de soutien. Par exemple, présentez-vous et expliquez votre rôle en tant que bénévole responsable ; engagez avec cette personne une conversation informelle orale ou écrite.

3. SI VOUS ÊTES APPROCHÉ PARCE QUE VOTRE COMPORTEMENT A CAUSÉ DU TORT OU DE L'INQUIÉTUDE

Le PAF repose sur une responsabilité collective. Si vous êtes approché parce que votre comportement a causé du tort ou est devenu une préoccupation, veuillez prendre le temps d'écouter. Chacun vit le PAF différemment, alors saisissez l'occasion de tirer les leçons de cette diversité d'expériences.

Si vous avez le sentiment d'être injustement "interpellé", discutez-en avec une personne volontaire responsable. La personne qui se sent lésée peut ne pas vouloir vous parler directement. Des malentendus peuvent survenir, en particulier lorsque les personnes concernées se sentent en insécurité ou menacées, même si vous aviez de bonnes intentions.

Tentez de désamorcer la situation.

4. LIGNES DIRECTRICES POUR LES VOLONTAIRES PORTANT LA RESPONSABILITÉ

Comme le PAF n'a (presque) pas de personnel et que la présence des personnes dans le bâtiment varie constamment, le rôle de volontaire portant la responsabilité est assumé par différentes personnes. Il existe actuellement un groupe de personnes régulières du PAF qui ont travaillé sur ce document et qui peuvent assumer ce rôle. Cependant, ce rôle peut et doit être assumé par un plus grand nombre de personnes. C'est pourquoi nous publions ci-dessous les lignes directrices générales que nous avons définies et que nous suivons actuellement. Toute personne qui est prête à investir du temps pour s'instruire et suivre ces lignes directrices peut devenir bénévole. Si vous souhaitez assumer ce rôle pendant que vous êtes au PAF, veuillez vérifier auprès des personnes qui sont déjà inscrites comme bénévoles.

(Notez que ces lignes directrices sont un travail constant en cours. Des expériences et des échanges seront nécessaires pour les améliorer)

PRÉPARATION DES PERSONNES VOLONTAIRES

Lors des réunions ou autres grands rassemblements au PAF, les volontaires porteur ou porteuses de cette responsabilité doivent se réunir le premier jour et examiner ces lignes directrices. Il est conseillé que les organisateurs et organisatrices de la réunion assistent également à cette première réunion de responsabilisation afin de s'assurer que tout le monde soit familiarisé avec ce document et les procédures de responsabilisation, et aussi entre elles et eux.

Les grands rassemblements au PAF peuvent être très intenses et épuisants, mais il faut néanmoins essayer de faire le point avec les autres volontaires chaque jour.Si possible, organisez un retour d'expérience quotidien, par exemple en prenant le petit-déjeuner ensemble.

Veuillez garder à l'esprit que ce document de responsabilisation et les procédures proposées sont en cours d'élaboration. Si vous avez des suggestions ou des modifications, merci d'envoyer un courriel à contactpaf@gmail.com.

QUAND QUELQU'UN VIENT VOUS PARLER DE QUELQUE CHOSE QUI LEUR EST ARRIVÉ

  • proposez le plus rapidement un espace rassurant.
  • considérez avant tout leurs besoins. Demandez littéralement : comment puis-je vous aider ? Essayez de subvenir à leurs besoins mais soyez communicatif sur vos propres limites (évitez le rôle de sauveur ou sauveuse).
  • ne jugez pas leur vécu et ne contestez pas leur position. Ce n'est pas votre rôle d'enquêter sur la situation.
  • soyez un auditeur dévoué ou une auditrice dévouée, offrez une oreille attentive et pas juste une oreille (afin de leur permettre de parler de quelque chose d'inconfortable).
  • soyez prêt à consacrer tout le temps nécessaire.
  • écoutez et posez des questions avec patience. L'objectif est de comprendre leurs besoins plutôt que de juger qui a raison et qui a tort
  • proposez des options pour faire face à la situation : il peut s'agir d'une conversation avec médiation entre eux ou elles, d'une conversation entre une tierce personne et celle qui a causé le préjudice, d'une conversation de groupe ou de toute autre chose dont la personne touchée aurait besoin. S'il semble difficile de prendre une décision sur le moment, décidez ensemble de vous réunir à nouveau sous peu ( dans quelques heures, demain, ...) afin d'apporter une réponse appropriée. Gardez à l'esprit que les besoins et les souhaits de la personne concernée sont au centre des préoccupations. Il se peut qu'elle ne veuille pas parler à la personne dont le comportement lui a causé du tort ou qu'elle ne veuille pas que cette conversation soit une conversation de groupe Respectez toujours et avant tout leurs besoins.
  • ne partagez pas les informations qui vous ont été communiquées sans le consentement de la personne concernée. Cette rupture de confiance pourrait créer encore plus de difficultés
  • évitez une solution à la hâte. Ce n'est pas une question de rendement
  • si le vécu partagé avec vous résonne avec vos propre traumatismes, vérifiez avec vous-même si vous êtes capable de prendre soin de cette personne. Si vous ne l'êtes pas, aidez-les à trouver quelqu'un d'autre.
  • évitez de parler de l'incident, même de manière détournée, avec d'autres personnes. Si tel est le souhait de la personne concernée. Leurs besoins sont plus importants que les notions de transparence
  • ne les poussez pas à faire quelque chose avec lequel ils ne se sentent pas à l'aise (qu'il s'agisse d'une conversation, d'une déclaration dans le groupe ou d'une confrontation avec la personne qui leur a fait du mal). Même s'ils ou elles veulent simplement vous informer d'un problème et ne veulent pas de conséquences pour la personne qui leur a fait du mal : respectez cela, validez-les et proposez-leur d'être là s'ils changent d'avis.

COMMENT PARLER À UNE PERSONNE QUI A CAUSÉ DU MAL

(La manière dont cette conversation aura lieu, si elle a lieu, dépend de ce qui a été convenu avec la personne concernée - voici cependant des indications générales qui pourraient être utiles pour soulever toute question avec quelqu'un).

  • si vous ne connaissez pas la personne, donnez votre nom et demandez-leur d'abord.
  • soyez clair et référez vous à des situations spécifiques, ne généralisez pas, n'identifiez pas la personne à son comportement. Par exemple, "Ce que vous avez dit à table était...", essayez plutôt de poser des questions sur sa conscience de la situation (par exemple, "Savez-vous comment ce commentaire a été perçu ?")
  • soyez chaleureux ou chaleureuse et attentif ou attentive à la confusion ou à l'embarras qu'une personne peut ressentir lors de cette discussion. Mais tenez bon dans la communication de ce qui doit être exprimé.
  • ne supposez pas que ce que vous entendez par "sexiste", "raciste" (ou tout autre terme que vous utiliseriez) signifie la même chose pour vous deux. Cela pourrait être le début d'une conversation - ou non, en fonction de votre volonté de vous y engager.
  • la personne qui aurait causé un mal à une autre pourrait vouloir justifier son comportement. Rappelez-lui que vous n'êtes pas là pour juger, mais plutôt pour lui faire savoir que cela a fait du mal à quelqu'un (et tout ce qui pourrait être dit d'autre).
  • rappelez à la personne qui aurait causé du mal à quelqu'un d'essayer de percevoir cela comme une opportunité d'apprentissage. Donnez-leur également une liste d'autres personnes qui sont disponibles pour poursuivre la conversation avec eux ou elles si nécessaire, ou si pour une raison quelconque, ils ou elles ne se sentent pas à l'aise pour avoir cette conversation avec vous et préfèreraient parler à un ou une autre volontaire. Vérifiez d'abord avec la personne affectée si elle est également d'accord.
  • soyez explicite sur la confidentialité de cette conversation. Faites-leur comprendre que toutes les personnes impliquées dans la responsabilisation au PAF ne sont pas nécessairement informées de l'incident ni de la conversation, afin que la personne puisse revoir son propre comportement sans avoir l'impression d'être déjà marquée ou jugée par les gens. Si vous avez les ressources et la volonté nécessaires, il peut également être bon de prendre contact avec la personne qui aurait été source de souffrance après un jour ou deux, si elle est toujours au PAF.

RESSOURCES ET LIENS:

Si vous avez des questions, nous tâcherons d'y répondre.Neutrinet asbl ♥ ag2020@neutrinet.be